Le joint d’isolement sépare la dalle du mur, tandis que les joints de retrait organisent la fissuration du béton et que les joints de dilatation absorbent certains mouvements dimensionnels. Ces fonctions ne sont pas interchangeables et doivent être prévues à l’échelle de l’ouvrage.
Désolidariser la dalle du mur
Il faut prévoir une désolidarisation entre une dalle de terrasse et le mur de la maison pour empêcher la transmission des mouvements et contraintes au bâti. Ce joint doit être placé contre tout obstacle gênant le libre mouvement du dallage, notamment les murs, les longrines, les poteaux et les massifs.
La terrasse et le bâtiment peuvent en effet présenter des comportements différents. La dalle extérieure est exposée aux variations de température et aux conditions climatiques, tandis que le mur constitue un élément fixe auquel il ne faut pas imposer les mouvements du dallage. Une liaison rigide entre les deux ouvrages peut ainsi créer des contraintes à leur interface.
La désolidarisation ne signifie pas que la terrasse est dépourvue de stabilité. Elle permet simplement à la dalle de conserver une certaine liberté de mouvement sans transmettre directement ses déformations au mur. Il faut donc éviter de créer une liaison rigide entre le béton de la terrasse et le gros œuvre de la maison.
Distinguer les trois types de joints
Ces trois joints n'ont pas la même fonction :
- Le joint de désolidarisation sépare la dalle d'un obstacle fixe tel qu'un mur, une longrine, un poteau ou un massif.
- Le joint de retrait maîtrise la fissuration liée au retrait du béton.
- Le joint de dilatation accompagne les variations dimensionnelles liées à la température.
Pour les dallages étudiés par Cimbéton, la plus grande dimension des panneaux ne doit normalement pas dépasser six mètres, sauf dispositions constructives particulières. Un joint de retrait scié mesure environ trois millimètres à l'exécution et peut atteindre six à sept millimètres après le retrait. Sa profondeur doit être au moins égale au tiers de l'épaisseur du dallage.
Le joint de dilatation lié aux variations de température n'est pas nécessaire à l'intérieur des bâtiments. Pour une terrasse extérieure, la nécessité d'un tel dispositif dépend du système constructif, de la surface, de la géométrie et de l'exposition. Il ne faut donc pas confondre ce joint avec la désolidarisation à prévoir contre la maison.
Réaliser le joint contre la maison
Le joint de désolidarisation doit être réalisé sur toute l'épaisseur de la dalle. La largeur minimale indiquée par Cimbéton est de 1 cm. Le matériau recommandé est une mousse de polyéthylène compressible, ou une bande périphérique équivalente, afin d'absorber les mouvements sans créer de liaison rigide.
| Type de joint | Emplacement principal | Rôle technique | Largeur ou dimension type |
|---|---|---|---|
| Désolidarisation | Entre la dalle et le mur | Éviter la transmission des efforts au bâti | 1 cm minimum sur toute l'épaisseur |
| Retrait | Dans les grandes surfaces | Maîtriser la fissuration due au retrait | Environ 3 mm à l'exécution, sciage au 1/3 |
| Dilatation | Selon l'exposition et la géométrie | Accompagner les variations thermiques | Variable selon le système constructif |
Avant de couler le béton de la terrasse, mettez en place la bande compressible contre le mur et les autres obstacles concernés. Elle doit rester continue sur toute la hauteur de la dalle et ne doit pas être remplacée par un matériau rigide.
Pour un revêtement extérieur scellé, les joints existants du gros œuvre doivent être prolongés dans la chape, le mortier ou le revêtement. Les chapes doivent également être désolidarisées des parois verticales et des seuils. Ces principes sont détaillés dans le dossier technique Infociments consacré aux chapes et au carrelage.
Éviter les erreurs courantes
L'erreur principale consiste à créer une liaison rigide entre le mur de la maison et la dalle de la terrasse. Un joint de désolidarisation doit au contraire séparer les deux ouvrages et être présent contre tout obstacle susceptible de gêner le libre mouvement du dallage.
Une autre négligence consiste à interrompre la bande compressible avant le bas de la dalle. La désolidarisation concerne toute l'épaisseur du dallage : une interruption peut créer un point de contact rigide et réduire l'efficacité du dispositif.
Il faut également veiller à ce que le joint ne soit pas obstrué par du béton ou du mortier lors du coulage. Enfin, les joints existants du gros œuvre ne doivent pas être arrêtés au niveau de la dalle : pour un revêtement extérieur scellé, ils doivent être prolongés dans les couches supérieures.
Contrôler avant le coulage
- Repérer les murs, seuils, longrines, poteaux et massifs contre lesquels la dalle doit rester désolidarisée.
- Poser une bande de mousse de polyéthylène compressible sur toute la hauteur de la future dalle.
- Vérifier que la largeur du joint atteint au moins un centimètre.
- S'assurer que la bande reste continue pendant le coulage.
- Éviter toute liaison rigide entre le mur de la maison et la dalle de la terrasse.
- Prévoir les joints de retrait nécessaires dans les grandes surfaces.
- Prolonger les joints existants du gros œuvre dans la chape, le mortier ou le revêtement lorsqu'un revêtement extérieur scellé est prévu.
Le joint contre la maison ne remplace ni la pente de la terrasse ni le traitement de l’interface en partie haute. L’eau doit être conduite à l’opposé de la façade, sans stagnation au droit du seuil. La bande compressible organise le mouvement de la dalle ; le calfeutrement visible, lorsqu’il est prévu, doit rester compatible avec le revêtement, l’exposition et les prescriptions du système.
Avant le coulage, photographiez la bande en place, contrôlez sa continuité derrière les réservations et protégez-la contre les déplacements. Après durcissement, vérifiez qu’aucun pont de béton ou de mortier ne relie la terrasse au mur. Ce contrôle simple évite de découvrir trop tard une liaison rigide cachée sous le revêtement.
Avant de dimensionner le dallage, rapprochez ce détail de notre guide sur l’épaisseur d’une dalle béton de terrasse.
Sources retenues
- Infociments — guide des dallages et joints d’isolement
- Infociments — fonction des joints de retrait, d’isolement et de dilatation
- Infociments — chapes, carrelage et continuité des joints
Questions fréquentes
Oui. La désolidarisation contre le mur doit être prévue entre la dalle de terrasse et l'obstacle, indépendamment de la distinction entre joint de désolidarisation et joint de dilatation. La largeur minimale indiquée par Cimbéton est de un centimètre sur toute l'épaisseur de la dalle.
Le matériau recommandé est une mousse de polyéthylène compressible, ou une bande périphérique équivalente. Elle doit absorber les mouvements sans établir de liaison rigide entre la dalle et le mur.
Le revêtement et la chape ne doivent pas supprimer la désolidarisation. Pour un revêtement extérieur scellé, les joints existants du gros œuvre doivent être prolongés dans la chape, le mortier ou le revêtement. Les chapes doivent aussi être désolidarisées des parois verticales et des seuils.
La solution dépend de l'état de la terrasse, de sa configuration et des désordres observés. Une intervention destinée à recréer une séparation doit être étudiée avec précaution, car le joint doit concerner toute l'épaisseur de la dalle. En cas de fissures ou de difficulté d'accès, demandez l'avis d'un professionnel avant toute découpe.
Sa fonction principale est de séparer la dalle de l'obstacle et de limiter la transmission des mouvements et contraintes. Il ne constitue pas à lui seul un dispositif complet d'étanchéité. La finition du joint et la gestion de l'eau doivent être compatibles avec le revêtement et le système constructif retenus.